Enquête sur les conditions de vie étudiante pendant le reconfinement

Une deuxième enquête sur les conditions de vie et d’études a été conduite à l’occasion du second confinement, entre fin novembre et fin décembre 2020. Adressée à l’ensemble de la population de l’UGA hors Grenoble INP et ENSAG, elle a recueilli 10 473 réponses, soit un taux de participation supérieur à 20%.

Objectifs de l'enquête

L’enquête a été construite et exploitée en coordination avec plusieurs services universitaires*, avec plusieurs objectifs :
 
  • Mieux connaître la situation des étudiants
  • Sonder leurs attentes à l’égard de l’université
  • Anticiper les risques sanitaires et psychosociaux
  • Anticiper la précarisation des étudiant·es
  • Anticiper les risques de décrochage
  • Identifier les situations aigües (possibilité donnée de laisser ses coordonnées)

*La Direction de la Vie Etudiante, la Direction Territoriale et Internationale, l’Agence de Développement Universitaire Drôme-Ardèche (ADUDA), la Direction de l’Orientation et l’Insertion Professionnelle (DOIP), la Direction de la Culture et de la Culture Scientifique et Technique (DCCST), l’Observatoire de la Santé des Etudiants de Grenoble (OSEG) du Centre de Santé Universitaire.

Confinement : des conditions d’étude correctes dans 80% des cas

Zoom sur les conditions d'études en trois points : 
1. Les résultats d’enquête montrent que 30% des étudiant·es ont changé de logement à l’occasion du deuxième confinement, à 80% vers le domicile familial et principalement en Région Auvergne Rhône Alpes.

Localisation du lieu de confinement

2. En grande majorité (95,7%), les étudiants disposent, dans leur lieu de confinement, d’un ordinateur personnel. 4,3% déclarent toutefois un usage partagé ou une absence d’accès, condition pourtant essentielle de suivi des cours à distance.
 

Accès à un ordinateur personnel
 

3. A 80%, les personnes interrogées déclarent disposer d’un espace de travail ainsi que d’une connexion Internet permettant de suivre les cours dans des conditions correctes.

 

Conditions d'étude dans le lieu de confinement

Une accentuation générale des difficultés depuis le premier confinement

65,2% des répondants ont déclaré rencontrer des difficultés au cours de cette période, le plus souvent directement provoquées ou aggravées par la crise sanitaire.
 

Parmi les difficultés déclarées, toutes enregistrent une nette augmentation depuis la première enquête, à l’exception des difficultés administratives qui étaient alors en grande partie liées à l’organisation des stages et des examens.

Précaution de lecture : les pourcentages exprimés sont en relation avec les taux de réponse obtenus pour chacune des questions ou sous-questions, et ne portent donc pas sur l’échantillon global (n= groupe de référence du pourcentage exprimé)
Chiffres comparés, enquêtes "Conditions de vie et d'étude pendant le confinement" n°1 et n°2
 
 
Difficultés liées à l'enseignement à distance
Le tronc commun de l’expérience étudiante de cette période se cristallise autour des difficultés liées à l’enseignement à distance. Le manque d’interactions entre pairs et avec les professeurs, ainsi que le format des cours à distance pèsent très lourd sur la motivation pour les études comme sur les capacités d’apprentissage. Les aléas techniques sont également pénalisants dans un certain nombre de cas : 32% des étudiants ayant déclaré des difficultés de ce types rencontrent des problèmes de connexion ; 12% des problèmes d’équipement (caméra, micro…) ; 10,6% des difficultés à utiliser les outils à disposition.
 
L'effondrement des activités et relations sociales
Au-delà du cadre pédagogique, la crise sanitaire se caractérise plus généralement par un effondrement des activités et des relations sociales, avec un resserrement par cercles concentriques autour des proches et de la sphère familiale, comme l’illustre le graphique ci-dessous.
 
Une précarité accrue chez certains publics : La crise sanitaire comme facteur de fragilisation
Parmi les étudiants ayant déclaré rencontrer des difficultés au cours de cette période, 15% ont mentionné des difficultés liées à leurs conditions matérielles de vie pour faire face aux frais quotidiens, acheter de l’alimentation et des produits d’hygiène ou payer leur loyer. En grande partie, il s’agit de fragilités préexistantes sur lesquelles la crise agit comme un révélateur*.

Les différences sont particulièrement sensibles d’un public à l’autre puisque cette proportion atteint 19,3% pour les niveaux de Master, et 34,3% pour le public international (jusqu’à 38,4% chez les ressortissants de pays non-européens). Concernant le public boursier, ce taux est en revanche proche de celui de l’ensemble de la population, reflétant l’effet protecteur des aides sociales (15,8%).

La perte de ressources concerne quant à elle 38,1% des répondants ayant déclaré des difficultés en lien avec leurs conditions matérielles de vie. Elle atteint 48,4% chez les étudiants étrangers et 51,5% chez les ressortissants extra-européens. Une proportion encore une fois moindre chez le public boursier (32,8%, vs 42,7% chez les non-boursiers) qui dépend moins d’autres formes de ressources.

* Ce type de difficultés concerne 20,1% des personnes dont les difficultés ont été aggravées par la crise sanitaire, contre 12% des personnes pour lesquelles la crise en est directement à l’origine.

Détresse psychologique et ressenti des difficultés

Selon l’indicateur MHI-5 utilisé dans l’enquête, 61,6% des personnes interrogées présentent des signes de détresse psychologique**. On relève par ailleurs une distribution importante des scores sur les niveaux les plus bas, c’est-à-dire ceux pour lesquels l’état de santé mentale est le moins bon.

**Le Mental Health Inventory (MHI-5) est un indicateur permettant de mesurer la santé psychique à travers cinq questions. Un score inférieur ou égal à 55 indique que la personne présente des signes de détresse psychologique. Il ne constitue pas pour autant un diagnostic psychiatrique.

 


A titre de comparaison, cette proportion s’élève à 20% dans une enquête nationale de l’Observatoire de la Vie Etudiante menée en 2018, et autour de 37% dans les dernières enquêtes locales de l’OSEG (Observatoire de la Santé des Etudiants de Grenoble). Déjà préoccupante hors crise sanitaire, la santé mentale apparaît ainsi fortement dégradée dans ce contexte.

Parallèlement, 40,1% des répondants évaluent le niveau de difficultés auquel ils sont confrontés entre 7 et 10 (sur une échelle de 10).
 

Tendanciellement, les étudiant·es les plus en difficulté sur ces deux indicateurs (détresse psychologique et auto-évaluation des difficultés) sont davantage présents au sein des filières sciences humaines et de santé (à l’exception des IFSI) que dans les filières scientifiques ou techniques.

De la même manière, les difficultés sont plus prégnantes au sein des niveaux L2 à M1, à l’inverse des niveaux doctorat, licences professionnelles, DU et autres diplômes de spécialité.
Par rapport à l’ensemble de la population étudiante, les difficultés sont par ailleurs particulièrement exacerbées pour le public international, notamment ressortissant de pays extra-européens.

Les conditions de logement influent également fortement, entre le domicile familial ou la colocation qui ont des effets d’atténuation des difficultés, et le fait de loger seul où l’isolement y expose davantage.

Plus largement, ce sont les difficultés touchant plus directement aux conditions de vie – santé, handicap, conditions matérielles, difficultés administratives – qui ont le plus d’incidence sur ces deux indicateurs, bien avant les difficultés liées à la pédagogie ou l’isolement.
Publié le 9 juillet 2021

Informations pratiques

Contact

Observatoire de la Vie Etudiante
observatoire-vie-etu@univ-grenoble-alpes.fr